La double inauguration de l’hôtel de ville et de la cité municipale de Diang, présidée ce mercredi 27 mai 2026 par le ministre de la Décentralisation et du Développement local, Georges Elanga Obam, dépasse la simple chronique des coupures de ruban. Elle donne à voir, de manière tangible, la trajectoire que prend la gouvernance locale dans notre pays. À travers un investissement global de plus de 290 millions de francs CFA, le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM) réaffirme son rôle de pivot financier et technique des Collectivités territoriales décentralisées (CTD).

Pendant longtemps, le débat sur la décentralisation au Cameroun est resté confiné aux postures théoriques et aux séminaires conceptuels. L’étape franchie à Diang démontre que l’autonomie locale ne peut s’affirmer sans une armature infrastructurelle digne de ce nom. Un hôtel de ville moderne de deux niveaux, équipé et autonome grâce à l’énergie solaire, n’est pas un luxe ostentatoire ; c’est le siège du pouvoir de proximité, le guichet unique de la citoyenneté locale et le miroir de l’autorité de l’État à l’échelle communale.
L’originalité de la démarche réside également dans la livraison conjointe d’une cité municipale de six logements, fruit du Programme de Construction des Cités Municipales (PCCM) associant le FEICOM, le Crédit Foncier du Cameroun et les CVUC. En s’attaquant à la problématique du logement des agents publics en zone périurbaine ou rurale, cette initiative touche au cœur de la performance administrative : la sédentarisation et la motivation des ressources humaines. On ne saurait exiger une gouvernance de qualité de la part de personnels confrontés à la précarité résidentielle. L’attractivité des territoires dépend de cette capacité à offrir des conditions de vie et de travail décentes.
Sous le regard du Directeur Général du FEICOM, Philippe Camille Akoah, du Gouverneur de la Région de l’Est, Grégoire Mvongo, et des forces vives de la localité, cette cérémonie a également pris une dimension hautement symbolique. La reconnaissance communautaire décerne au ministre Georges Elanga Obam, élevé à la dignité de notable par les chefs traditionnels, traduit l’adhésion des populations à une politique publique qui ne se décrète plus depuis la capitale, mais se co-construit sur le terrain.
Il appartient désormais à la municipalité et aux populations de Diang de faire vivre ces joyaux architecturaux. La pérennité de ces investissements structurants, alignés sur les Objectifs de développement durable des Nations Unies, exigera une culture rigoureuse de la maintenance et une gestion axée sur les résultats. C’est à ce prix que l’impulsion donnée par le FEICOM portera toutes ses promesses pour l’émergence de nos régions.
GAËL TSALA NKOLO