MVOG-BI: LE MARCHÉ NOCTURNE FAIT COURIR LES CLIENTS.

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Depuis des décennies, des grossistes venus des localités voisines investissent les lieux à partir de 19 heures jusqu’à 05 heures du matin pour écouler leurs produits agricoles.


Parmi les marchés qui se distinguent dans la nuit à Yaoundé au Cameroun, celui de Mvog-Bi marque toutes les attentions. Il s’étend sur une distance d’environ 300 mètres, voisin du carrefour Mvog Atangana Mballa, un lieu célèbre pour son abondance en belles de nuits dans la capitale politique du pays.

Le marché commence en soirée à partir de 19h jusqu’à 05h du matin, pour céder la place aux revendeurs de jours. Les produits qu’on retrouvent sur ce lieu proviennent des villages et Départements de proximité à savoir Mbalmayo dans le Nyong et So’o, Mfou, Ngoumou dans la Mefou Akono, Matomb dans le Nyong et Ekellé. La majorité des clients qu’ont retrouvent sur ce site sont des revendeurs. Certains que nous avons interrogés nous font savoir que certaines marchandises viennent de la région de l’Est Cameroun.

De fait, les grossistes quittent les villages en soirée pour éviter le contrôle de la mairie. Sur le site on constate que ce marché nocturne concerne uniquement les produits agricoles. On y trouve de la banane, du manioc, le maïs, le macabo, la patate, le bâton de manioc. Assises à même le sol, certaines mères de familles couchées sur les venelles passent toute la nuit sous les intempéries liées au climat humide de Yaoundé.

<< Mon fils, moi je viens de Mbalmayo je prépare la marchandise deux à trois jours d’avance. Les enfants coupent le plantain, et la banane je viens vendre pour nourrir mes petits-fils. C’est avec cet argent que j’envoie mes petits-fils à l’école chaque année. Je vends ici depuis plus de 15 ans >>, souligne maman AnneMarie Abena.

Habillées en tenue de combat pour affronter le froid, ces femmes rencontrent de multiples difficultés:

<< La principale difficulté ici c’est la mairie on ne peut pas vendre en journée quand la marchandise reste et que le jour nous trouve ici la mairie arrive avec les camions nous arrache la marchandise. Une femme était même morte ici parce que la mairie était venue arrachée sa marchandise >>. Affirme maman Hélène Abega, vendeuse de vivres frais venue de Ngoumou.

Néanmoins, ce marché est très prisé par les habitants de Yaoundé. Il ravitaille de nombreuses familles. Certaines y passent pour raison du prix peu élevé des denrées alimentaires. La nuit le plantain coûtent 1.500 Fcfa, 2.000 Fcfa, une équivalence de 3.000F voir 4.000 F en journée. Pour les grossistes qui sortent des localités voisines, certains dans l’anonymat affirment faire de bonnes affaires la nuit:

<< Moi je sors de l’Est, je vends en gros aux revendeurs. Devant vous c’est un camion de plantains je suis arrivé il y a environ 20 minutes et les revendeuses ont discuté toute la marchandise. Chacune arrête pour elle et après on fait le prix en fonction de la quantité. Il m’arrive souvent de vendre un million et plus. Le problème c’est que parfois le plantain mûrit dans la voiture et on est contraint à vendre moins cher de peur que ça se gâte >>. Indique SéverinZE venu de la région de l’Est Cameroun.

On aperçoit aussi les fruits en abondance, les légumes, de la tomate. Des revendeurs évoquent aussi le problème de routes dans leurs points focaux qui ne favorise pas la circulation des biens dans les grandes métropoles. De plus, ce marché a fait naître d’autres secteurs d’activités à savoir celui des pousseurs. << À l’aide de sa brouette, Xavier fait de bonnes affaires. Étudiant à l’université de Yaoundé I. Il rentre avec au moins 5000F chaque nuit >>.

En rappel, ce marché bien qu’il soit porteur de revenus pour les Camerounais, il faut reconnaître que les principaux acteurs opèrent dans l’illégalité et ne payent aucune taxe à l’Etat du Cameroun.

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