Le Préfet de la Bénoué, Oumarou Haman Wabi, a présidé ce jeudi 2 avril 2026 une concertation stratégique visant à instaurer un comité de gestion formel. Une étape décisive pour arracher l’infrastructure à l’emprise du secteur informel et concrétiser les transferts de compétences de l’État vers la Communauté Urbaine de Garoua ( CUG ) .

Le Préfet de la Bénoué, Oumarou Haman Wabi, a présidé ce jeudi 2 avril 2026 une concertation stratégique visant à instaurer un comité de gestion formel. Une étape décisive pour arracher l’infrastructure à l’emprise du secteur informel et concrétiser les transferts de compétences de l’État vers la Communauté Urbaine.
Vingt-trois ans après le décret N°2003/335 du 09 décembre 2003, l’heure est à la reprise en main. Dans la salle de réunions de la Préfecture de Garoua, le constat dressé par les autorités administratives, sécuritaires et techniques est sans appel : le Port Autonome de Garoua, fleuron historique de l’économie septentrionale, souffre d’une vacance managériale que les opérateurs économiques et les réseaux de contrebande ont largement exploitée.
Une urgence organisationnelle et technique
L’enjeu de cette rencontre de coordination dépasse le simple cadre administratif. Il s’agit de restaurer l’autorité de la Communauté Urbaine de Garoua (CUG) sur un périmètre s’étendant de Bardaké à Lagdo. Le Préfet Oumarou Haman Wabi a fermement instruit la mise sur pied d’une équipe dirigeante capable de transformer ce pôle logistique en un moteur de rentabilité.
Le Lieutenant-colonel Inoussa Padam, de la Marine Marchande, a rappelé la technicité de la mission : « L’autorité portuaire doit assurer l’effectivité d’une équipe d’urgence. La gestion prévoit que le directeur du port agisse sur l’ensemble de la zone de mouillage pour sécuriser les flux de marchandises. » Une position soutenue par la Marine Nationale, dont les représentants ont souligné que l’optimum de fonctionnement ne sera atteint que par une structure de gestion agile et proactive.
L’évasion fiscale : le défi de la navigabilité
Le port fait face à une double crise : l’ensablement du fleuve Bénoué et l’évasion fiscale massive. Touna François, chef d’antenne de l’Autorité Portuaire Nationale (APN), a pointé du doigt la multiplication des points d’accostage clandestins situés à des dizaines de kilomètres de Garoua, échappant ainsi à tout contrôle souverain.
« Le gouvernement tient à la reprise des activités, conformément à la SND30. Mais sans organe dirigeant pour encadrer ces activités, l’État et la Communauté Urbaine ne perçoivent aucune retombée », a-t-il précisé. La réhabilitation des infrastructures vieillissantes et la restauration de la voie navigable vers le Nigeria restent les priorités du projet de modernisation soutenu par le Chef de l’État.
Vers une synergie d’action
La réunion a permis de définir une feuille de route claire :
Structuration immédiate : La Communauté Urbaine doit nommer une équipe technique et administrative.
Sécurisation : Renforcement de la coopération entre les forces de défense et les services de sécurité pour neutraliser les réseaux de contrebande.
Formalisation : Recensement des acteurs, notamment des pirogues artisanales souvent utilisées pour le trafic illicite.
En appelant à une approche multisectorielle, le Préfet de la Bénoué place la Communauté Urbaine devant ses responsabilités historiques. Le développement du Nord dépendra de sa capacité à faire du port non plus une zone de non-droit, mais un carrefour d’échanges formels et prospères. La balle est désormais dans le camp de la mairie de ville pour transformer ces résolutions en actes concrets.
GAËL TSALA NKOLO