Alors que la course à la Présidentielle 2025 s’intensifie, la mobilisation électorale du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) prend un tournant décisif dans l’arrondissement de Tcheboa. Sous l’impulsion stratégique de Hamadou Ahiwa, Maire de Ngong et Président de la commission communale de campagne, une récente tournée dans les sous-sections de Mayo-Bangaï, Laïndé Massa et Ndjola n’a pas seulement servi à galvaniser les militants ; elle a surtout opéré une reconversion politique des doléances locales en un puissant levier de soutien pour le parti au pouvoir. Cette démarche illustre parfaitement la problématique de l’ancrage local face à l’usure du pouvoir central.

L’Élu Face aux Problèmes de Terrain : Urgence de Développement, Catalyseur de Vote
Le samedi 4 octobre 2025, la caravane de campagne a confronté ses promesses aux réalités socio-économiques des 2 249 électeurs de ces localités. Le diagnostic est sans appel et révèle une persistance des fractures territoriales. L’urgence du désenclavement est au cœur des revendications, signifiant que le débat électoral s’y joue moins sur les grandes orientations nationales que sur la satisfaction des besoins primaires.
Les populations ont dressé un inventaire accablant, qui est en soi un indicateur de la pression qui pèse sur les élus locaux :
Infrastructures : Routes impraticables et absence d’électricité, symboles d’un isolement qui marginalise ces communautés de la dynamique économique nationale.
Éducation : Crise structurelle des écoles délabrées, manque criant d’enseignants qualifiés et effectifs pléthoriques, autant de facteurs qui hypothèquent l’avenir de la jeunesse rurale.
Social : Chômage endémique et pauvreté généralisée, doublés d’un appel pressant pour l’intégration des jeunes dans la fonction publique, une attente qui interpelle directement la politique de distribution des ressources de l’État.
Ces doléances pressantes ne sont pas de simples plaintes ; elles constituent le socle d’une exigence de performance de la part des gouvernants et révèlent un besoin criant de solutions concrètes de développement durable.
Hamadou Ahiwa : L’Écoute Politique comme Garant de Confiance
Face à cette «crise de l’attente», la figure du Maire Hamadou Ahiwa a joué un rôle d’amortisseur social. Sa stratégie, résolument ancrée dans l’écoute politique et le contact direct, a été perçue par les habitants comme un gage de confiance et de proximité, une denrée rare dans le paysage politique camerounais. Son engagement ferme à assurer un suivi attentif et concret des doléances, en collaboration avec les leaders locaux, a permis de transcender la méfiance.
Cette démarche de responsabilisation a réussi le pari de relancer une dynamique de campagne qui risquait de s’enliser dans le ressentiment. Les témoignages, comme celui de Mouhouna Bona affirmant que « le maire a prouvé qu’il est à l’écoute » et promettant son vote, attestent de l’efficacité de cette méthode. Feltoing Laurent, président de la sous-section RDPC de Mayo-Bangaï, exprime une conviction d’un « avenir prometteur », signalant que l’action du Maire a restauré l’espoir dans l’agenda du parti.
Loyauté Inébranlable et Objectif Plébiscite pour le RDPC
L’analyse de cette séquence électorale révèle un paradoxe central : malgré les difficultés structurelles, la loyauté des populations au Président Paul Biya et au RDPC reste indéfectible. Ces communautés réaffirment leur engagement électoral pour le scrutin du 12 octobre, démontrant que l’allégeance historique peut coexister avec l’exigence de développement.
Le cas de Ndjola est, à cet égard, emblématique. Ibrahima Abdoulaye, président de la sous-section, promet un score de 100% pour le RDPC. Il justifie cette fidélité par un bilan local substantiel : lycée, CES, écoles, Centre de Santé Intégré, forages (dont un à énergie solaire) et électrification. Ces réalisations concrètes sur le terrain constituent une preuve tangible que l’appareil d’État, même imparfait, a délivré des bénéfices. Il rappelle ainsi la fidélité à « l’homme du 6 novembre 1982 », solidifiant le vote sur une base clientéliste de performance infrastructurelle.
Les leaders locaux, après avoir « toiletté [leur] sommier politique » (un terme qui renvoie à l’assainissement des listes et la sécurisation des votes acquis) et assuré le retrait des cartes d’électeurs, se concentrent désormais sur l’amélioration du taux de participation. Leur méthode : une campagne de proximité efficace, un véritable porte-à-porte, qui substitue la persuasion individuelle aux grands meetings.
En transformant les cris d’alarme en engagements politiques concrets, Hamadou Ahiwa a réussi à consolider une base électorale du RDPC menacée par la frustration. Ce succès de terrain confirme la solide ingénierie politique du parti au pouvoir dans cette zone en vue de l’échéance de 2025. La caravane de Ngong poursuit sa route, forte d’une mobilisation renouvelée et de l’assurance d’un fort soutien populaire, validant l’adage selon lequel, en politique, l’écoute est la première des infrastructures.
GAËL TSALA NKOLO