Le mercredi 15 juillet dernier, le nouveau gouvernement français a examiné en conseil des ministres le premier « projet de loi relatif à la restitution des biens culturels à la République du Bénin et à la République du Sénégal ».
C’est le premier pas vers la concrétisation de la politique de transfert de propriété des œuvres culturelles vers leurs pays d’origine. Une initiative d’Emmanuel Macron annoncée lors de son discours de Ouagadougou le 28 novembre 2017. Ce jour, il prenait un engagement auprès de la jeunesse africaine de leur donner “ la possibilité d’accéder à son patrimoine, à son histoire ”. Le porte parole du gouvernement, Gabriel Attal a recadré cette promesse. Ce dernier estime que cette restitution est “ l’un des enjeux essentiels pour une relation d’amitié nouvelle entre la France et l’Afrique ”.
Ainsi dans les prochains mois, un sabre historique, des totems et des spectres collectés ou pillés pendant la colonisation seront officiellement rendus respectivement au Sénégal et au Bénin.
C’est à la suite d’un rapport commandé par le président français sur la question aux universitaires Bénédicte Savoy, et Felwine Sarr, qu’il avait pris la décision de restituer le patrimoine africain dans leurs pays d’origine. Bien que ces travaux avaient été contestés par d’autres spécialistes, ils ont le mérite d’avoir posé les jalons d’une restitution à l’Afrique subsaharienne d’œuvres d’art transférées durant la colonisation.
Presque trois ans après la déclaration de Ouagadougou, le code du patrimoine français qui jusqu’alors stipulait que “ les collections nationales sont inaliénables ” rendait la restitution impossible. Le nouveau projet de loi vient autoriser “ par une dérogation limitée au principe d’inaliénabilité applicable aux collections publiques françaises ” le transfert au Bénin et au Sénégal de la propriété des objets historiques leur appartenant. Il établit ainsi un véritable cadre juridique permettant le retour des œuvres.
