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Tentative de Subversion Électorale au Cameroun : La DGSN Démantèle un Réseau de Falsification au Profit d’un Candidat Déchu

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La Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) a procédé ce samedi à la présentation médiatique d’un réseau de faussaires spécialisé dans la manipulation des documents électoraux. Cette opération, d’une portée politique majeure, révèle un système organisé de subversion visant à contester les résultats officiels de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier en faveur de M. Issa Tchiroma Bakary, candidat dont la défaite a été actée par les instances légales.

L’affaire, qui prend les allures d’une tentative de déstabilisation post-électorale, met en lumière les dessous d’une stratégie visant à générer une “victoire virtuelle” par la production et la diffusion de faux procès-verbaux et de listes électorales manipulées.

Chronique d’une Enquête au Sommet de l’État

L’enquête a été déclenchée à la suite de la circulation de documents électoraux apocryphes attribuant la victoire à M. Tchiroma. Confronté à cette menace d’information, le Délégué Général à la Sûreté Nationale a immédiatement ordonné l’ouverture d’investigations pour authentifier les documents et identifier les responsables.

Les services spécialisés de la DGSN ont rapidement convergé vers un dénommé Ousmanou, déjà connu des services pour avoir orchestré la récente marche illégale de la Briqueterie, un événement explicitement destiné à revendiquer la victoire putativedu candidat du FSNC.

L’exploitation minutieuse du téléphone d’Ousmanou a été l’élément pivot. Elle a mis en évidence des échanges sur la messagerie WhatsApp avec un individu identifié comme Abou, gérant d’un secrétariat bureautique dans le quartier École de Police à Yaoundé. Ces conversations contenaient la transmission de listes électorales authentiques d’ELECAM, envoyées par Ousmanou à Abou pour l’opération de falsification.

Une Logistique Criminelle au Cœur de Yaoundé

L’interpellation d’Abou a permis la saisie de deux ordinateurs et d’un ordinateur portable, dont l’analyse a révélé un « système bien rodé » de contrefaçon. L’organigramme de cette fraude prend forme : le coordinateur du FSNC pour le département du Mfoundi transmettait à Abou les véritables listes d’ELECAM, qui étaient ensuite retouchées et manipulées numériquement pour générer de faux procès-verbaux. L’objectif était clair : proclamer de manière illicite Issa Tchiroma Bakary comme le vainqueur.

Les investigations n’ont pas tardé à élargir le cercle des suspects. Un autre complice, coordinateur du FSNC pour l’arrondissement de Yaoundé 5, a été interpellé à Ngousso. Plus troublant encore, un quatrième individu, militant du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), a été appréhendé, son rôle étant d’assurer la formation des cadres du FSNC aux techniques sophistiquées de fabrication de faux procès-verbaux. Ce croisement des appartenances partisanes suggère une convergence d’intérêts dans la contestation des résultats, allant au-delà de la seule sphère du FSNC.

Implication Politique et Détournement de Mandat

La perquisition au domicile du coordinateur du FSNC du Mfoundi – déjà sous le coup d’une précédente interpellation pour détention illégale d’arme à feu – a confirmé l’ampleur de l’entreprise : découverte d’une somme avoisinant les 4 millions de francs CFA, ainsi que d’une quantité impressionnante de fausses listes et de faux procès-verbaux couvrant l’intégralité des arrondissements du Mfoundi. Ce butin et l’organisation logistique impliquent un financement substantiel et une structure politique délibérément engagée dans la fraude.

En journalisme politique, cette affaire interpelle. Elle dépasse la simple délinquance de droit commun pour toucher à la sincérité du suffrage universel et à l’intégrité des institutions. Elle soulève la question de la responsabilité des leaders politiques dans l’encadrement éthique de leurs militants et cadres. La mise en place d’un tel réseau de falsification, visiblement à la solde d’un candidat perdant, constitue une menace directe contre l’État de droit et le processus démocratique.

Les suspects sont désormais aux mains de la police et seront déférés devant les juridictions compétentes. La DGSN a annoncé que les enquêtes se poursuivent avec détermination afin de démanteler l’ensemble du réseau et, surtout, de retracer les complicités politiques et les flux financiers ayant soutenu cette tentative de subversion électorale. L’issue de cette affaire sera déterminante pour l’assainissement de la scène politique camerounaise post-scrutin.

GAËL TSALA NKOLO

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