TRONÇON BAFANG – BAHAM – BAFOUSSAM : SOUS LES RUINES DE L’ABANDON

0
66

La circulation sur le tronçon routier Bafang – Baham – Bafoussam relève d’un parcours de combattant, depuis l’ouverture de l’axe Melong – Dschang – Bafoussam dans les années 2006. Les usagers qui empruntent ce prolongement de la nationale N° 5, souffrent le martyr, du fait de nombreux nids de poules présents sur la chaussée.

Le mauvais état de la route et surtout le spectacle désolant d’un bitume détérioré sous le poids de l’âge, soumettent les conducteurs à de rudes épreuves, qui ruinent leurs véhicules chaque fois qu’ils s’y aventurent.

Au fil des années,  de hautes herbes ont pris d’assaut les trottoirs, réduisant considérablement la visibilité et transformant la chaussée à une espèce de piste cacaoyère. La circulation y est risquée. Une absence notoire de garde-fous, surtout à des lieux réputés « accidentogènes » comme le col Batié.

En semaine, quelques taxis-brousse assurent la liaison entre différents arrondissements, principalement les jours de marché et les jours fériés. La grande majorité des transporteurs interurbains préfèrent l’embranchement Dschang – Bafoussam, pour échapper aux tracasseries et gagner en temps.

« Quand je quitte Mélong pour Bafoussam, avec escale de 15 minutes à la gare routière de Dschang, je fais 2 heures de temps pour un trajet de 100 KM. La route est plate de Mélong à Santchou et de Dschang à Bafoussam ; très avantageux pour la circulation. Il n’y a que la falaise qui nous donne un peu de peine, mais avec une voiture en bon état, j’ai maximum 25 minutes pour grimper. Contrairement à Mélong – Bafoussam par Bafang. Tout d’abord, la route est faite essentiellement de collines de la Moumée jusqu’à Bandjoun. On dépense plus en carburant et la manœuvres est plus compliquée à cause du relief et du mauvais état de la route ». Déclare Philippe TAMO, conducteur dans une agence de transport interurbain.

Les activités économiques y ont pris un sérieux coup. Le petit commerce des vivres et autres produits agricoles tourne désormais au ralenti. Malgré ce sentiment d’abandon, la route enregistre toujours la présence d’un poste de péage dont les recettes journalières sont quasiment nulles en semaine. L’état de délabrement avancé de la route avait créé, dans l’esprit de certains conducteurs, l’habitude de forcer le passage au péage, sans payer les frais exigés. « Cependant, depuis que la herse a été installée, le phénomène a pris du recul. C’est le week-end que que nous avons du boulot, car nous devons bosser plus, pour servir de nombreux usagers qui arrivent au village pour un séjour en famille ou alors pour un évènement traditionnel. Donc de vendredi à dimanche, on bosse vraiment. », explique un agent de collecte au poste de péage de Bandja.

Les conséquences de la baisse du trafic sur ce corridor, engendrent de gros soucis de déplacement des usagers, surtout les week-ends, lorsqu’il faut répondre présent aux grandes cérémonies. L’entrée en jeu de la spéculation amène les transporteurs à lever les enchères, avec des tarifs qui franchissent parfois des records insoupçonnés.

5000 F cfa Douala – Bafang, et 7000 F cfa Douala – Bafoussam, en allé comme au retour, à côté d’une marée humaine qui attend désespérément dans des carrefours et des gares routières dépourvus de véhicules, la souffrance des voyageurs franchit le seuil de l’insupportable.

L’absence des agences de voyages dans ces chefs-lieux de départements, serait un des principaux facteurs de cette crise de transport qui dure depuis bientôt deux décennies. Les quelques agences bien structurées sont basées à Bafoussam et à Bafang. Ce qui impose aux voyageurs, de faire recours à l’auto-stop, avec la probabilité de passer deux jours d’attente sur place, lorsqu’on ne prend pas la résolution d’aller se faire embarquer à Bafang ou alors à Bafoussam.

Pour André KAMGA, en service au guichet d’une agence à Bafoussam, « la solution est de multiplier les agences par le financement des élites ou du comité de développement de villages et groupements desservis par cet axe routier ».

La Coupe d’Afrique des Nations qui se joue au Cameroun en janvier 2022, abrite des rencontres à Bafoussam, chef-lieu de la capitale régionale de l’Ouest-Cameroun, avec l’Hôtel Valée de Bana et le Stade Municipal de Bafang requis pour l’hébergement et les entraînements des équipes du Malawi et du Zimbabwé.

C’était l’occasion unique pour cet axe routier de connaître des aménagements techniques ; malheureusement, le projet est parti pour attendre encore très longtemps.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here