Université de Ngaoundéré : Un nouveau souffle pour la recherche et la gouvernance

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Sous l’impulsion de nouvelles dynamiques administratives et académiques, l’institution phare du Château d’Eau du Cameroun entame une mue profonde. Entre digitalisation des services, modernisation des infrastructures et excellence scientifique, l’Université de Ngaoundéré (UN) se positionne désormais comme un hub incontournable de l’enseignement supérieur en Afrique centrale.

Ngaoundéré, la cité des falaises, vibre au rythme d’une transformation silencieuse mais concrète. Longtemps perçue comme une institution académique de second plan face aux géants de Yaoundé et Douala, l’Université de Ngaoundéré a su, en l’espace de quelques semestres, inverser la tendance. Ce renouveau repose sur un binôme stratégique : une gouvernance plus transparente et une recherche scientifique résolument tournée vers le développement local .

L’amphithéâtre de la salle des Actes de l’IUT de Ngaoundéré a retrouvé, ce jeudi 08 janvier, son effervescence des grands jours. Autour du Pr Mamoudou Abdoulmoumini, Recteur de l’Université, le sommet de la hiérarchie académique s’est réuni pour une séance de coordination aux enjeux multiples : vie des établissements, recherche doctorale et dynamisation de l’enseignement supérieur .

Une gouvernance axée sur la performance

Le premier levier de ce changement est administratif. Sous la direction de l’équipe rectorale actuelle, l’accent a été mis sur la digitalisation intégrale des processus. Fini le temps des longues files d’attente pour les inscriptions ou la consultation des notes. Grâce à l’optimisation des plateformes numériques, l’étudiant est désormais au centre d’un écosystème fluide.

Cette rigueur se reflète également dans la gestion des ressources humaines et financières. L’assainissement du fichier du personnel et une meilleure allocation des budgets ont permis de relancer des chantiers en arrêt, améliorant ainsi le cadre de vie sur le campus de Dang.

La Recherche : du laboratoire au champ d’application

Le véritable “nouveau souffle” se fait sentir dans les laboratoires. L’Université de Ngaoundéré ne se contente plus de produire de la théorie ; elle innove pour son environnement.

Agro-industrie : L’École Nationale Supérieure des Sciences Agro-Industrielles (ENSAI) continue de briller par ses brevets sur la conservation des produits locaux.

Énergies renouvelables : Face aux défis énergétiques du Grand Nord, des projets pilotes sur le solaire et la biomasse voient le jour, portés par des chercheurs locaux.

Santé et Vétérinaire : L’expertise de l’école de médecine vétérinaire est devenue une référence pour les éleveurs de la zone soudano-sahélienne.

Une ouverture internationale renforcée

L’UN ne brille pas seulement à l’échelle nationale. En multipliant les accords de coopération avec des universités européennes, américaines et asiatiques, elle favorise la mobilité des enseignants et des étudiants. Cette politique d’ouverture attire de plus en plus d’étudiants étrangers, notamment originaires du Tchad, de la RCA et du Nigéria voisin, confirmant son statut de pôle d’excellence sous-régional.

Les défis de demain

Si les signaux sont au vert, des défis subsistent. Le déficit en logements estudiantins et la nécessité de renforcer la connexion internet haut débit sur l’ensemble du campus restent des priorités. Toutefois, l’élan est donné.

« L’Université de Ngaoundéré n’est plus simplement un lieu de transmission de savoir, c’est un moteur de croissance pour la région de l’Adamaoua et pour le Cameroun tout entier », confiait récemment un cadre du ministère de l’Enseignement Supérieur.

Avec cette nouvelle trajectoire, l’institution de Dang prouve qu’avec une vision claire et une gestion rigoureuse, l’université africaine peut être le fer de lance de la modernité.

GAËL TSALA NKOLO