Chers lecteurs de Camer Press Agency. Nous avons l’insigne honneur de continuer à publier ces articles hors-série sur notre culture et nos traditions. L’objectif est d’informer la jeune génération sur le pourquoi et le comment des us et coutumes du pays de nos ancêtres. Nous continuerons à parler de la société secrète Nkou’nga’, chez le peuple Bamiléké, à l’ouest du Cameroun.
LES DIFFÉRENTES PHASES DE L’INITIATION
L’ADN
Quand nous voyons que c’est seulement au 20ème ou au 21ème siècle que les scientifiques, Interpol et autres polices criminelles, la médecine et autres administrations arrêtent les malfrats et autres gangsters à col blanc ou catégorisent le genre humain à partir de leur ADN, je pleure à chaudes larmes le fait que nos ancêtres n’ont pas connu l’écriture ou qu’ils aient opté pour l’oralité en matière de transmission de leurs testaments.
Lorsqu’un enfant venait au monde, les prêtres et prêtresses, les membres des sociétés secrètes, les sorciers et autres voyants le prenaient en main et après l’avoir examiné, déterminaient son ADN et prédisaient en même temps son avenir !
L’enfant qui est appelé à remplacer son père dans le NKOU’NGA’ quand ce dernier aura avalé son acte de naissance est connu à sa naissance comme tel. Le père lui donne, avant sa première goulée de lait, quelques gouttes d’un remède amer pour le préparer à affronter les dures épreuves que subit un soldat (NKOU’NGA’). Et, tout au long des mois qui suivent, les membres de la confrérie, sous prétexte de venir voir l’enfant, viennent vérifier si vraiment il est “le chien de race”. Après que tous aient vu l’enfant, et lors d’une assemblée plénière, on dit, au cours d’une conversation à bâtons rompus, ces mots énigmatiques au père : « C’est lui ». Ce dernier de retour chez lui commence à traiter son rejeton d’une certaine manière.
L’ÉDUCATION
L’éducation d’un enfant appelé à siéger un jour dans le cercle élitiste de cette auguste société se fait selon des normes très strictes et graduelles pour lui éviter de tomber dans les vices, errements et pièges qui le tueront plus tard s’il s’y laisse prendre.

En effet, dans ce cercle fermé, tout acte négatif est haute trahison, tout comportement délictueux est impardonnable et la seule sentence est la peine de mort. Jusqu’à l’âge de dix-huit ans, il est élevé dans l’ascétisme, l’abstinence, l’humilité, le sens de l’écoute, de l’observation et d’attentisme. On lui enseigne comment éviter les sept péchés capitaux, comment se comporter avec les supérieurs, comment faire les civilités au roi et aux notables, comment donner le respect aux veuves et aux personnes du troisième âge. Il ne vit que rarement dans la concession familiale; on l’envoie vivre chez un ami de la famille dont on connaît l’avarice et la simplicité pour un certain nombre d’années. On l’envoie vivre chez un père veuf pour qu’il apprenne à cuisiner, à dormir sans femme, à se débrouiller sans compter sur une quelconque main bienveillante ou généreuse. On l’envoie vivre chez une veuve âgée et là il apprend à réparer le toit et les murs, à aller au champ pour chercher sa pitance et celle de son hôtesse, et à se confectionner un lit sur pilotis. Parfois quelqu’un vient discrètement une nuit faire tomber un pan du mur de la maison et il est obligé, le lendemain de fabriquer des briques pour recoller les morceaux tout en maudissant ces criminels qui ne respectent pas les propriétés privées…
