Parc Boisé de Garoua : l’ambition d’un second souffle pour le poumon vert de la Bénoué

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Au cœur de la cité capitale de la région du Nord, le Parc Boisé cristallise aujourd’hui les espoirs d’une modernisation urbaine tant attendue. Entre le prestige d’un héritage financé par l’Agence Française de Développement (AFD) et les réalités d’un quotidien marqué par des défis sécuritaires et techniques, le Super Maire Goura Beladji a pris la mesure de l’urgence lors d’une récente visite de terrain.

Une oasis urbaine en quête de prestige

S’étendant sur 18,5 hectares, le Parc Boisé de Garoua demeure une pièce maîtresse du programme C2D “Capitale Régionale”. Véritable sanctuaire de biodiversité avec ses allées ombragées et ses lacs artificiels, l’espace a été conçu comme une réponse durable à l’agitation citadine. Cependant, le lustre des débuts semble s’estomper sous le poids des usages et du temps.

Lors de sa descente sur les lieux, l’édile de la ville, accompagné de ses experts techniques, a identifié des axes de rénovation cruciaux. La réhabilitation des toboggans et la restructuration globale des aires de jeux s’imposent comme des priorités pour rendre au site son attractivité familiale. « Nous entendons mettre un point d’honneur à l’amélioration du cadre de vie de nos populations et rendre Garoua encore plus résiliente », a martelé Goura Beladji.

Le cri d’alarme du terrain

Si la volonté politique est affichée, les acteurs de terrain soulignent des failles structurelles persistantes. Le régisseur du parc ne cache pas son inquiétude face à une clôture aux ouvertures multiples, facilitant des intrusions malveillantes. La police municipale, dont l’effectif est jugé insuffisant pour couvrir un tel périmètre, peine à garantir une sécurité optimale, particulièrement lors des grands événements.

Le constat des usagers est tout aussi nuancé. Si Marguerite, une habitante, salue la verdure de l’espace, elle déplore l’absence d’un service de restauration fonctionnel, levier essentiel de dynamisation économique. Plus critique, Mme Bella, commerçante locale, pointe du doigt l’obsolescence de certains équipements : « Installer de vieux jouets sur un nouveau site ne suffit pas. L’entretien doit suivre pour que le parc ne soit pas déserté en dehors des périodes de fêtes. »

Vers une gestion hybride et moderne

L’avenir du Parc Boisé pourrait passer par une nouvelle approche managériale. La suggestion d’une mise en location du restaurant à des opérateurs privés capables d’insuffler une dynamique commerciale fait son chemin. Pour Kameti, étudiante, l’enjeu est aussi sécuritaire et sanitaire, citant la proximité de ravins dangereux et la nécessité d’un personnel d’entretien plus présent.

La Communauté Urbaine de Garoua semble désormais engagée dans une course contre la montre. L’objectif est clair : transformer ce havre de paix en un espace de référence alliant nature, détente et sécurité. Dans cette perspective, le dialogue entre l’exécutif communautaire, les techniciens et les usagers sera la clé pour que le Parc Boisé ne demeure pas une simple promesse paysagère, mais devienne le véritable moteur de la convivialité urbaine à Garoua.

GAËL TSALA NKOLO