Au lendemain des manifestations de terrain qui ont marqué le début de la célébration de la 41e Journée Internationale de la Femme, les collaboratrices de la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), surnommées les « Amazones », ont déplacé le curseur de leur engagement. Ce 5 mars 2026, le Hall de l’immeuble siège a troqué l’effervescence des activités citoyennes pour la rigueur de l’analyse intellectuelle et du partage d’expérience .

Le thème de cette édition, « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles », a servi de cadre programmatique à une causerie éducative dont l’ambition dépassait le simple cadre festif pour aborder les ressorts profonds de l’épanouissement professionnel féminin.
L’exemplarité comme levier de transformation
L’invitée d’honneur, Madame Mendzana, Directrice de l’agence Damas de la Commercial Bank of Cameroon, a offert une immersion dans les réalités du leadership féminin. Son témoignage a mis en exergue les mécanismes de résilience requis dans des secteurs où les structures pyramidales demeurent largement masculines. La discussion a permis de déconstruire certains mythes entourant la gestion de la carrière. L’échange a porté sur des axes opérationnels : l’articulation entre les impératifs familiaux et les responsabilités managériales, ainsi que les stratégies de construction d’un parcours professionnel ambitieux. Loin des discours lénifiants, cette séquence a souligné l’autonomie financière comme socle de toute émancipation durable.
Le droit comme rempart contre l’impunité
La réflexion a pris une dimension plus normative avec l’intervention de Madame Fokou, juriste. Dans un contexte national marqué par une persistance préoccupante des violences conjugales, cette session a réaffirmé la primauté du droit. Loin de limiter son propos à une approche théorique, l’experte a rappelé les dispositifs de protection dont disposent les femmes. Elle a insisté sur la nécessité de documenter les faits et de briser l’omerta, soulignant que la justice constitue le premier garant de la dignité et de l’intégrité physique de l’individu.
Une culture d’entreprise en mutation
L’exercice, ponctué de séquences interactives et de quiz sur le leadership, a révélé une volonté manifeste de décloisonnement au sein de CAMTEL. En favorisant cet espace de parole, l’entreprise ne se contente pas de célébrer ses collaboratrices ; elle acte la mutation de sa culture interne vers plus d’inclusion.
La direction de CAMTEL confirme ici une orientation stratégique claire : l’investissement dans le capital humain féminin est un vecteur de performance globale. L’autonomisation des femmes n’est plus envisagée comme une concession sociale, mais comme une condition sine qua non du progrès collectif. À l’heure où les discours sur le genre sont parfois dilués par le formalisme, les Amazones de CAMTEL ont choisi de privilégier la substance et l’engagement pragmatique.
GAËL TSALA NKOLO