Home Actualités Professionnalisation du journalisme sportif : le temps de l’exigence et du partenariat

Professionnalisation du journalisme sportif : le temps de l’exigence et du partenariat

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Réunis au Hilton Hôtel de Yaoundé pour un séminaire de renforcement des capacités, les professionnels des médias sportifs ont été appelés à une mutation profonde de leurs pratiques. Entre annonces de soutien financier de la FECAFOOT et rappels déontologiques fermes, l’événement marque une volonté de hisser la presse nationale aux standards internationaux.

Une main tendue sous le sceau de la formation

L’ouverture de ce séminaire a été marquée par l’intervention de Samuel Eto’o, président de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT). Adoptant un ton de fraternité institutionnelle, il a tenu à dissiper toute velléité de défiance envers la presse. « Nous sommes de la même famille », a-t-il rappelé, tout en précisant que cette unité de destin impose une responsabilité accrue.

Le président de l’instance faîtière a surtout déploré l’inertie administrative entourant les bourses de formation. Bien qu’un budget ait été voté en Assemblée Générale pour soutenir le perfectionnement des reporters, aucune demande n’a encore été transmise à son cabinet. Un appel du pied direct aux journalistes pour qu’ils se saisissent de ces opportunités afin de devenir, selon ses mots, les « Lions Indomptables du journalisme » sur la scène internationale.

Les défis de la rigueur et de la modernité

Jean-Marie Nkoussa, directeur de la communication de la FECAFOOT, a pointé du doigt les lacunes observées lors des récentes compétitions, notamment la CAN. Il a rappelé que la maîtrise des règles — accréditations, zones d’accès, droits d’image — n’est pas une option, mais le socle de la crédibilité. À l’heure du numérique, la méconnaissance des outils professionnels et des protocoles de la CAF ou de la FIFA constitue un frein majeur au rayonnement du football camerounais.

Cette exigence technique a été relayée par le Dr Evelyne Mengue A Koung (CRTV), qui a exhorté ses confrères à la « construction du sens ». Dans un paysage médiatique saturé par l’instantanéité des réseaux sociaux, elle préconise un retour aux fondamentaux : l’enquête, l’analyse des faits de jeu et la narration émotionnelle, là où l’intelligence artificielle ne reste qu’un algorithme sans âme.

Un encadrement de haut niveau

Sous l’impulsion de Pricille Messene (Ekko TV), promotrice de l’événement, ce séminaire s’est doté d’une expertise multidisciplinaire. Les interventions de figures telles qu’Ibrahima Tanou Diallo (Media Officer CAF), Timothée Maymon ou Olivier Pron ont permis d’aborder des modules cruciaux :

Éthique et déontologie en période de crise (défaite, arbitrage).

Maîtrise de la data sportive et lutte contre la désinformation.

Gestion logistique et comportementale en mission à l’étranger.

Vers une interview « vérité»

Preuve de sa volonté de transparence, Samuel Eto’o a accepté le principe d’une interview « à cœur ouvert », sans aucune restriction, dont le panel de journalistes sera sélectionné par la promotrice du séminaire. Un exercice de redevabilité qui pourrait marquer un tournant dans les relations, parfois sinueuses, entre l’instance dirigeante et les médias.

Ce séminaire ne doit pas être perçu comme une simple formalité, mais comme un contrat de performance. La crédibilité du football camerounais à l’international dépendra, demain, de la capacité de ses journalistes à allier passion nationale et rigueur universelle.

GAËL TSALA NKOLO

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