CAMEROUN : AFFAIRE BLAISE PASCAL TALLA – INÈS LAURE KAMTO:LE PROCÈS ROCAMBOLESQUE QUI MOBILISE TOUT LE PARQUET DE BAFOUSSAM.

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ACCUSÉE D’AVOIR DÉROBÉ UN MONTANT DE 65.000 EUROS PAR LE PDG DU GROUPE JEUNE AFRIQUE ÉCONOMIE, LA CANDIDATE DU RDPC POUR LA MAIRIE DE BAHAM CRIE À UN COMPLOT POLITIQUE.[ihc-hide-content ihc_mb_type= »show » ihc_mb_who= »1″ ihc_mb_template= »3″ ]

Les faits remontent au 02 décembre 2019. Dans un avion Camair-Co en partance pour Bafoussam, le plaignant déclare que l’accusée l’a invité à prendre un pot au bar de l’aéroport dans le but de lui livrer une confidence, chemin faisant elle va lui annoncer qu’elle va retourner récupérer ses téléphones avant de le rattraper. Le détour est fait et une trentaine de minutes après, elle le retrouve puis l’annonce du décollage du vol est faite. Blaise Pascal TALLA poursuit en relatant que dès son arrivée dans l’avion, il constate que 2 enveloppes contenant une somme totale de 67.000 euros sont portées disparues et ses voisins de la salle VIP lui indiquent INÈS LAURE KAMTO comme étant celle qui en son absence aura effectué des mouvements avec son sac. Des faits niés en bloc par l’accusée, qui déclare avoir été invité au bar par le plaignant. Selon l’exposé des faits version Inès Laure KAMTO, elle aurait eu un malaise naturel de femmes et s’est rendu aux toilettes pour se protéger, elle n’était pas au courant de cette somme que détenait Blaise Pascal TALLA et n’a jamais touché à son sac.

PROCÈS ROCAMBOLESQUE QUI MOBILISE TOUT LE PARQUET DE BAFOUSSAM!

De son interpellation à sa condamnation au procès en appel, tout s’est passé comme si on venait de prendre un grand baron colombien de la drogue. Après l’avoir été interpellé à l’aéroport de Bafoussam (Bamougoum), son audition va suivre à la police judiciaire, et elle sera placée en détention à la prison centrale de Bafoussam le 2 décembre 2019. Une semaine après: le 10 décembre, toutes les affaires au  rôle sont suspendues, le procureur général représente la partie civile, le président du tribunal est présent tout comme le premier juge. Les débats se poursuivent et le verdict est rendu à 17 heures. Inès Laure KAMTO est condamné à 3 ans d’emprisonnement ferme avec une amande de 47 millions à verser. Une façon de faire qui va marquer Charlie TCHIKANDA, le président régional de la ligue de défense et des libertés de l’Homme : << C’est ce pourquoi nous nous battons chaque jour afin que les dossiers ne traînent plus. Les gens doivent être jugé dès leur interpellation. Je ne sais pas si cette dame est condamnée à tort ou à raison mais cette procédure est celle que requiert le droit et donc exemplaire. Je vois par ce procès qu’il est possible de respecter la procédure normale. >>

À contrario, L’accusée qui plaide non coupable déclare que c’est un goulot d’étranglement visant à la tuer politiquement. C’est dans cette optique que sa défense  a  interjecté appel. Comme au premier procès, la mobilisation du parquet donne la coloration d’un procès hors du commun. Le premier président de la cour préside personnellement les débats, le procureur général représente le ministère public et le bâtonnier est constitué dans le conseil de Blaise Pascal TALLA. Une fois de plus, toutes les affaires en instance sont renvoyés. Les faits sont une fois de plus relatés par le plaignant et Inès Laure KAMTO plaide non coupable. Dans son réquisitoire, le bâtonnier demande que Inès Laure KAMTO soit condamnée et le procureur général émet le souhait que la peine soit maximale. Le conseil de la défense conduit par maître MBOUOPDA s’indigne dans sa plaidoirie de voir que la parole du plaignant a été prise pour argent comptant et demande les preuves de l’existence ce jour de ce montant dans le sac de Blaise Pascal TALLA et l’interpellation du magistrat GNIÉ cité dans l’affaire pour qu’il comparaisse devant la barre. Dans la même lancée, maître KADJE va questionner la qualité morale du plaignant qui selon ses dires, est interdit de séjour dans plusieurs pays de l’Afrique centrale tout comme la plainte subite d’un ministre de la République dans un ton ironique: << croire en la parole sans preuve du plaignant tout comme à la plainte d’un ministre de la République qui a attendu que cette affaire naisse pour sortir sa plainte serait me croire si je vous indiquait que l’os du fémur se situe à mon épaule >>.

Complot politique ou une affaire de vol, l’affaire a été renvoyée en délibéré pour le 4 février prochain. En attendant la sentence, il y a quand-même lieu de relever selon certains observateurs que la coïncidence avec les élections locales auxquelles elle est candidate trop forte.

Flore KAMGA KENGNE

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