Cameroun/Suzy Art : vers un nouvel Eldorado culturel

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Les artistes déguerpis à Bonanjo se recasent progressivement. La galerie Suzy art en l’occurrence a trouvé son bonheur à Bonapriso sur la rue des pavés, le long du Castel Hall. Les nouveaux locaux de ce sanctuaire de l’art ont été inaugurés samedi 29 août 2020. C’était en présence des amoureux de l’art et quelques autorités administratives de la ville de Douala.


Le public a pu découvrir ce sobre paradis de l’art camerounais et africain. Un repère des essences du continent. On y retrouve en majorité des créations de Suzy Art et celles d’autres artistes de Renom, des masques Tikar et Fang venus de Guinée équatoriale et du Gabon. Tout aussi captivant, des tableaux de tuiles postés le long des murs de la galerie. Des chaises et tables en forme de tronc d’arbre désignés et décorés avec des racines. Le fruit de plus de 2 mois de manœuvre. De quoi donner une allure forestière à son intérieur de maison. Suzy Art doit également son originalité à ses sculptures humaines, graphiques et cartographiques. Ses cornes ancestrales et traditionnelles contribuent par ailleurs au charme du lieu. Un complexe complet avec des figurines de femmes, hommes et enfants noirs d’Afrique habillés avec des fils de raphia. Des cases miniatures en paille comme celles que l’on retrouve au Nord et à l’Extrême-Nord. Ce refuge ancestral et traditionnel a également une importante touche de modernité. Un clin d’œil à la nouvelle génération amateur de la culture. Laissez vous séduire par des sandales afritudes ornés de Cauris et perles.


La valorisation de la richesse culturelle africaine est chère à Suzy Art depuis une vingtaine d’années. « Je ne suis pas à ma première galerie d’art. Je suis rentrée au Cameroun en 2006, déterminée à démontrer mon savoir-faire artistique dans mon pays natal. Je me suis battue comme une lionne. J’ai participé à de nombreuses expositions devant des milliers d’artisans et j’ai raflé les distinctions. Avec ces mérites, je me suis dit pourquoi ne pas créer ma propre structure. J’ai commencé à Bonapriso, mais le local était petit. »

La propriétaire a continué son périple vers l’inconnu. Au risque de repartir à zéro. Mais l’amour pour la culture a été au dessus; « J’ai par la suite multiplié des prix, y compris celui de la chambre de commerce. C’est de là que j’ai été parrainée. Je me suis vu octroyer un espace à Bonanjo, aux coté de plusieurs artistes pour une meilleure valorisation de mes chefs d’œuvres. Seulement il y a quelques mois, les propriétaires terriens nous ont déguerpis des lieux. Nous nous sommes retrouvés sans local. Je me suis retrouvée sans repère ni galerie. J’ai failli abandonner et m’exiler. Heureusement que j’ai eu du soutien et j’ai trouvé cet emplacement que j’inaugure aujourd’hui. »

Aux oubliettes, la sombre page du dêguerpissement de Bonanjo. Une nouvelle page s’ouvre à Bonapriso pour Suzy Art.

Lydienne Ndedi

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