Entre résilience et promesse, les Lions Indomptables ont clos leur phase de poules à Agadir sur une note victorieuse, bien que laborieuse, face à un Mozambique opiniâtre (2-1). Porté par l’avènement de sa pépite Christian Kofane, auteur d’un chef-d’œuvre libérateur, le Cameroun valide son ticket pour les huitièmes de finale au prix d’un combat physique et mental éprouvant. Si la deuxième place du Groupe F dessine un horizon périlleux face à l’Afrique du Sud le 4 janvier à Rabat, les hommes de David Pagou abordent cette phase à élimination directe avec un moral régénéré, conscients que le temps du calcul doit désormais céder la place à l’excellence tactique.

Au crépuscule d’une année 2025 riche en émotions, les Lions Indomptables ont parachevé leur phase de poules par une victoire au forceps face au Mozambique (2-1). Si le contenu a parfois laissé poindre des zones d’ombre, la lumière est venue d’un éclair de génie de Christian Kofane, propulsant le Cameroun vers un huitième de finale électrique contre l’Afrique du Sud.
L’épreuve des nerfs
Sur la pelouse du Grand Stade d’Agadir, le scénario a longtemps flirté avec le piège mémoriel. Face à des Mambas décomplexés et cliniques dès la 23ème minute, les hommes de David Pagou ont semblé, un temps, s’enliser dans le faux rythme imposé par leurs adversaires. « Nous avons joué au tempo du Mozambique en première période », concédait d’ailleurs le sélectionneur en zone mixte, lucide sur cette léthargie initiale.
Pourtant, c’est dans l’adversité que le Cameroun a convoqué son illustre « Hemlé ». En provoquant l’égalisation par un but contre son camp adverse seulement cinq minutes après l’ouverture du score, les Lions ont colmaté la brèche avant que le doute ne s’installe. Mais il fallait un sceau, une signature pour valider ce passage au tour suivant.
Kofane : L’éclosion d’un « Bayer»
Elle est venue du pied de Christian Kofane. L’attaquant du Bayer Leverkusen, dont la titularisation face à la Côte d’Ivoire laissait présager de grandes choses, a officiellement ouvert son compteur en sélection de la plus belle des manières. Une frappe sèche, chirurgicale, venue nettoyer la « niche » du portier mozambicain après avoir heurté la transversale. Un but d’anthologie, récompensé par un trophée d’Homme du Match, qui installe le jeune prodige comme le nouveau fer de lance de l’attaque camerounaise aux côtés de Bryan Mbeumo.
Entre calculs et pragmatisme
Malgré ce succès, le Cameroun (7 points) doit céder le fauteuil de leader du Groupe F à la Côte d’Ivoire à la différence de buts marqués. Un détail comptable qui envoie les Lions à Rabat le 4 janvier prochain. L’adversaire ? Une équipe d’Afrique du Sud disciplinée, qui disposera de 48 heures de récupération supplémentaire.
Un désavantage chronobiologique que David Pagou balaye d’un revers de main : « C’est le prix à payer dans un tournoi. Quatre jours sont suffisants pour récupérer. » Le ton est donné : pas d’alibi, seule la performance compte.
Le calme avant la tempête
Ce jeudi 1er janvier 2026, l’heure est à l’introspection et à la régénération au Hyatt Regency d’Agadir. Entre séances de décrassage en salle et moments de quiétude familiale, le groupe peaufine sa cohésion. Si le manque de réalisme, symbolisé par l’occasion manquée d’Etta Eyong en fin de match, reste un axe de progression, l’essentiel est ailleurs.
Le Cameroun sort de ce premier tour avec des certitudes mentales, mais avec l’obligation de hausser son curseur tactique. Face aux Bafana Bafana, l’approximation ne sera plus permise. Les Lions sont qualifiés, certes, mais ils savent que le véritable tournoi commence maintenant.
GAËL TSALA NKOLO