Home Actualités Décentralisation urbaine : Le MINHDU sanctuarise l’efficacité budgétaire dans le Septentrion

Décentralisation urbaine : Le MINHDU sanctuarise l’efficacité budgétaire dans le Septentrion

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Le 30 janvier 2026, la ville de Garoua a servi de cadre au lancement officiel du Budget d’Investissement Public (BIP) du Ministère de l’Habitat et du Développement Urbain pour la zone septentrionale. Au-delà de l’enveloppe globale de neuf milliards de F CFA allouée aux Collectivités Territoriales Décentralisées (CTD), ce rendez-vous institutionnel a surtout marqué un rappel à l’ordre rigoureux sur la gestion des compétences transférées.

Représentant personnel de la Ministre Célestine Ketcha Courtès, le Secrétaire Général du MINHDU, le Pr Mathurin Nna, a présidé cette session d’orientation budgétaire. L’enjeu est de taille : optimiser la mise en œuvre des ressources destinées aux régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord, dans un contexte de consolidation de l’autonomie locale.

Un impératif de performance municipale

Pour l’exercice 2026, l’enveloppe destinée à la « Grande Zone Nord » s’établit à 1 897 000 000 F CFA, répartis entre 38 communes. Ces crédits sont affectés à des secteurs névralgiques de la vie citadine : éclairage public, aménagement d’espaces d’intérêt communautaire, entretien des voiries municipales et élaboration de documents d’urbanisme.

Toutefois, le discours officiel s’est départi de la simple formalité administrative pour adresser une mise en demeure implicite aux magistrats municipaux. Le bilan de l’exercice 2025, marqué par des cas de forclusion de projets, impose une rupture. La hiérarchie du MINHDU exige désormais une exécution à la fois sereine et accélérée, exempte des lenteurs ayant compromis certains chantiers par le passé.

Le risque de forclusion, un diagnostic de la sous-consommation budgétaire

Dans le lexique de la gestion publique, la forclusion d’un projet marque l’extinction du droit d’utiliser les crédits alloués pour un exercice donné. Pour le MINHDU, ce phénomène en 2025 révèle des goulots d’étranglement qui ne sont plus tolérables en 2026.

Les causes structurelles du retard L’analyse des imperfections de l’exercice précédent pointe souvent vers une maturation insuffisante des projets en amont. Les difficultés liées à la passation des marchés publics, les retards de paiement des décomptes ou l’incapacité technique de certains prestataires conduisent inévitablement à un dépassement des délais légaux d’engagement des dépenses.

Les implications juridiques et financières Lorsqu’un projet tombe en forclusion, la Commune perd le bénéfice immédiat de la ressource. Ce défaut d’exécution peut entraîner :

  • Le retour des crédits non consommés au Trésor Public.
  • Une dégradation de la notation de la commune lors des arbitrages budgétaires futurs.
  • Un contentieux potentiel avec les partenaires techniques et les populations bénéficiaires.

Le mécanisme de régulation : le pouvoir de substitution Conformément au Code Général des CTD, le représentant de l’État dispose d’un pouvoir de substitution en cas de carence avérée de l’autorité municipale. Si la sérénité et l’accélération demandées par le Ministre Ketcha Courtès ne sont pas au rendez-vous, l’État peut, après mise en demeure, prendre les mesures nécessaires pour que les services publics urbains ne soient pas interrompus.

La maturité du pouvoir local

Le rappel à l’ordre de Célestine Ketcha Courtès s’appuie sur le cadre normatif instauré par la loi du 24 décembre 2019 portant Code Général des CTD. En positionnant le Maire comme l’acteur pivot de la planification urbaine et de l’habitat, le législateur a transféré la responsabilité du développement durable vers les instances de proximité.

L’implication de l’État à travers ces dotations financières oblige les maires à un sens des responsabilités accru. Il ne s’agit plus seulement de consommer des crédits, mais de transformer les ressources transférées en infrastructures palpables et durables. La réussite de ce transfert de compétences demeure, in fine, la mesure de la viabilité de la décentralisation au Cameroun.

GAËL TSALA NKOLO

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