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Financement Agricole dans le Nord-Cameroun : La CAPEF et ses Partenaires Brise les Barrières pour les Entrepreneurs

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L’entrepreneuriat agricole dans la Région du Nord connaît une impulsion majeure avec la tenue d’un atelier stratégique à Garoua. Orchestré par la Chambre d’Agriculture, des Pêches, de l’Élevage et des Forêts (CAPEF) du Nord, en synergie avec des acteurs clés comme la GIZ, Advans Cameroun et les Boissons du Cameroun, cet événement vise à démanteler le principal obstacle à la croissance du secteur : l’accès au financement.

Un Pont entre Agriculteurs et Institutions Financières


Pour des milliers de jeunes et de producteurs de la région, obtenir un crédit pour lancer ou moderniser une exploitation relève souvent du parcours du combattant. L’atelier du jour, intitulé « Faciliter l’accès au financement agricole pour dynamiser l’entrepreneuriat », a été conçu pour changer cette réalité. Plus qu’une simple session d’information, il s’agit d’une plateforme de dialogue direct, une occasion unique pour les agriculteurs, éleveurs et pisciculteurs de rencontrer les représentants des banques et des institutions de microfinance.

L’objectif est double : démystifier les procédures jugées complexes et présenter des produits financiers spécifiquement adaptés aux réalités et aux cycles du monde agropastoral. En créant ce pont, la CAPEF et ses partenaires s’attaquent au cœur du problème pour libérer le formidable potentiel économique du Nord.

Interrogé sur la portée de l’événement, Salim Boukar Alim, Secrétaire Régional de la CAPEF pour le Nord, se veut rassurant et mobilisateur : « L’objectif principal est de montrer au grand public que l’obtention des financements est plus accessible qu’on ne le pense. Beaucoup imaginent des tracasseries administratives insurmontables. Cet atelier vise à démystifier ces mécanismes. »

Il ajoute, en liant l’initiative à une vision nationale : « Pour soutenir la politique de l’import-substitution du président Paul Biya, les jeunes doivent converger vers l’agriculture. Nous devons réduire la dépendance aux produits importés et emmener tout le monde vers la terre. »

De la Formation au Projet Bancable : Le Rôle Stratégique de l’EPAES


Si l’argent est le carburant, la compétence est le moteur. Conscient qu’un projet mal ficelé ne trouvera jamais de financement, la CAPEF a mis en place une solution de formation concrète : l’École Pratique d’Agriculture et d’Élevage de Sanguéré (EPAES).

Située sur un site de 50 hectares à la sortie sud de Garoua, cette école nouvelle génération met l’accent sur la pratique (70%) pour former de véritables chefs d’entreprise agricoles. Les formations, courtes et intensives, couvrent des filières à fort potentiel de rentabilité :

Pisciculture en bac hors-sol

Élevage de poulets villageois et de petits ruminants

Embouche bovine

Cultures maraîchères (tomate, pastèque)

Production de céréales (maïs, sorgho)

Crucialement, l’EPAES intègre des modules sur l’entrepreneuriat et l’élaboration de plans d’affaires, transformant une idée brute en un projet solide, structuré et “bancable”.

La Voix du Terrain : Un Parcours Semé d’Embûches

Malgré ces initiatives louables, la réalité sur le terrain reste complexe. Kadiza Maïna, présidente du “Trésor Caché de la Nature” (TCN) et présidente régionale de Women up Africa, témoigne des difficultés persistantes : « Nous rencontrons beaucoup de difficultés. Pour obtenir un financement, très souvent, il faut être coopté, parrainé, et même trouver un avaliste, ce qui est presque inexistant. Dans la communication, ça paraît facile, mais dans la réalisation, c’est presque de l’utopie, un rêve inaccessible. »

Son témoignage poignant souligne l’importance vitale d’ateliers comme celui-ci pour traduire les promesses en résultats concrets.

Un Écosystème Complet pour la Réussite Agricole


La force de la stratégie de la CAPEF réside dans son approche intégrée. D’un côté, l’EPAES fournit le savoir-faire technique et managérial. De l’autre, des plateformes de financement comme cet atelier ouvrent les portes du capital.

Cette synergie crée un véritable écosystème de succès qui s’adresse à un public large : jeunes passionnés par la terre, groupes de producteurs (GIC, Coopératives), adultes en reconversion ou retraités désirant investir.

À noter que près d’une centaine de participants ont pris part à cette activité, rendue possible grâce à l’appui technique et financier des projets PADFA II, FOGAJEUNE, PADER III, ainsi que des institutions ADVANS Cameroun et Crédit du Sahel.

En combinant formation de pointe et accès facilité au crédit, la CAPEF et ses partenaires ne se contentent pas d’organiser un événement. Ils posent les fondations d’une agriculture moderne, rentable et attractive, portée par une nouvelle génération d’entrepreneurs qualifiés, financés et prêts à nourrir la nation.

GAËL TSALA NKOLO

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