Entre héritage empoisonné et métamorphose futuriste, la cité de Garoua est devenue le théâtre d’un bras de fer entre l’audace réformatrice et les reliquats d’un système à bout de souffle. Alors que le Maire Goura Beladji propulse la capitale septentrionale vers la modernité — des bus électriques à la rigueur budgétaire — une cabale politique tente de travestir ce courage managérial en faute de gestion. Enquête sur un homme d’État local qui a choisi d’affronter les « années d’ombre » pour offrir à ses populations un avenir décarboné et une administration assainie.

La métropole de Garoua traverse une période de turbulences qui, à l’analyse, ressemble moins à une crise de gestion qu’à une crise de croissance, nécessaire et salvatrice. Depuis son accession à la tête de la Communauté Urbaine de Garoua (CUG) en 2023, le Maire Goura Beladji est la cible d’une hostilité dont l’intensité interpelle. Pourtant, derrière le tumulte des réseaux sociaux et les manœuvres politiciennes, les faits dessinent la trajectoire d’un homme d’État local déterminé à substituer la performance à la complaisance.
L’Héritage d’un « Cadeau Empoisonné »
Peu d’observateurs s’interrogent sur l’état de la « maison CUG » à l’arrivée de l’actuel édile. Le récent rapport de la Chambre des Comptes, couvrant la période 2020-2023, est à cet égard édifiant. Il met en lumière une gestion budgétaire historiquement insincère et une administration plombée par des irrégularités structurelles antérieures à l’actuelle mandature.
En s’attaquant au dossier des agents temporaires, Goura Beladji a soulevé un couvercle que beaucoup préféraient laisser clos. La découverte de personnels fictifs, de salaires versés à des agents décédés et de postes abandonnés n’est pas une défaillance de son mandat, mais le résultat d’un assainissement courageux. Là où certains voient un acharnement social, le juriste et le gestionnaire voient une obligation de conformité face aux directives du MINDDEVEL et du Ministère du Travail.
Une Mutation Urbaine sans Précédent
Malgré ce lourd passif, Garoua se métamorphose. L’élection de la cité comme « ville la plus propre du Cameroun » en 2023 n’est pas un accident de parcours, mais le fruit d’un investissement humain et matériel constant.
Révolution de la mobilité : La mise en service, le 30 janvier 2026, des bus électriques de la Société de Transport de Garoua (STG SA) positionne la ville comme une référence de la transition énergétique en Afrique centrale. Ce réseau décarboné offre désormais un transport digne et abordable (200 FCFA) aux populations .
Modernisation infrastructurelle : Du chantier de la fontaine monumentale au carrefour de la Poste aux boutiques R+2 du marché Mbororo, le Maire densifie le tissu économique.
Sécurité et Lumière : Grâce à un appui spécial de 741 millions de FCFA obtenu du Chef de l’État, l’éclairage public et l’accès à l’eau potable connaissent une extension sans précédent, renforçant la sécurité nocturne et l’hygiène de proximité.
Le Sacerdoce Social au-delà de la Politique
L’action de Goura Beladji se déploie également sur le terrain de la solidarité pure tant aux initiatives privées des populations locales qu’au soutien des personnes en détresse ; l’une, des plus récentes, est le soutien de la communauté urbaine au projet des jeunes du grand nord investis dans la promotion de la culture du septentrion à travers le septième art. Le Maire de la ville et ses équipes accordaient alors leurs soutiens pour la réussite de la réalisation du Film « ANDAL ARTATA», du réalisateur Laminou Tilimdo et du producteur Hamid Oumar Malik dont le titre signifie « si j’avais su», en langue locale . Le Maire de la ville de Garoua avait-il su en accordant son intervention personnelle et financière pour la prise en charge du petit Moubarak, victime d’une barbarie domestique, ou encore avait-il su lorsqu’il prît l’engagement de procéder aux distributions massives de kits alimentaires lors du Ramadan et de la fête de la Nativité ?
Ces actes témoignent de la volonté d’un homme résolu à cimenter le vivre-ensemble des communautés locales de la région du Nord et d’ailleurs .
La remise de matériels d’assainissement et de gilets de sécurité aux mototaximen — piliers du transport local — démontre une stratégie d’inclusion des forces vives dans le projet de développement.
« L’assainissement n’est pas une faute, c’est une obligation de gouvernance. », a coutume de dire — Goura Beladji.
Le prix de la rupture
Pourquoi donc cet acharnement ? La réponse réside sans doute dans la temporalité. À l’approche des échéances électorales, le courage de la réforme est systématiquement travesti en faute de gestion par les tenants de l’ancien ordre. Les résistances observées — qu’elles viennent de collaborateurs internes ou d’acteurs politiques locaux — sont les soubresauts naturels d’un système qui refuse de mourir.
Le Maire Beladji a pris le train en marche, avec ses wagons défectueux et ses rails incertains. Vouloir le juger sur un mandat entamé à mi-parcours, alors qu’il consacre l’essentiel de son énergie à réparer les erreurs du passé tout en finançant l’avenir, relève d’une malhonnêteté intellectuelle flagrante.
Le Temps de la Preuve
Nul ne peut prétendre à la perfection dans l’œuvre humaine, surtout lorsqu’elle s’exerce sur un mandat repris à mi-parcours, et l’administration municipale ne fait pas exception. Cependant, l’honnêteté commande de distinguer l’insuffisance technique de la volonté de nuire. Lui reprocher la rigueur qu’il impose pour redresser les finances publiques relève d’un contresens politique.
À l’approche des échéances électorales, la cabale actuelle semble orchestrée par ceux dont les privilèges indus sont menacés par la légalité. Il conviendrait de laisser à cet exécutif le temps d’un exercice complet pour juger, sur pièces, si la mue de Garoua en « paradis des régions septentrionales du Cameroun » est une promesse tenue. Pour l’heure, les bus électriques qui sillonnent les rues et la propreté retrouvée de la cité parlent plus haut que les rumeurs.
GAËL TSALA NKOLO