LE POIVRE BLANC DE PENJA, UNE ÉPICE ASSEZ VALORISÉE ET PRODUCTIVE AU CAMEROUN

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Très peu de plantations de bananes consacrent une partie de leurs terres à cette nouvelle culture du poivre blanc. Le Cameroun est devenu une terre de poivre grâce à son poivre blanc, le célèbre poivre qui pousse autour du village de Penja. Ainsi, il tient une place très importante dans la cuisine africaine en particulier et européenne en général.

La culture du poivre a été introduite au Cameroun par Antoine DÉCRÉ planteur de bananes à Penja, qui a décidé d’implanter dans cette zone, reconnue pour son terroir volcanique, quelques lianes de piper nigrum provenant d’Inde. La première exportation, un sac de 40 kg de poivre blanc, a eu lieu en mars 1958. Premier produit d’Afrique subsaharienne ayant bénéficié en 2013 d’une appellation d’origine et de qualité attribuée par l’Union européenne, le poivre blanc fait la fierté de Penja.v

En 2013, le poivre de Penja a obtenu la première indication géographique protégée africaine Véritable consécration pour ce poivre si apprécié par les chefs et les fins gourmets.

Nichés sur des échelles ou debout, les mains accrochées aux feuilles, ils cueillent. Des éclats de rire et des voix s’échappent des fois. Dans cette plantation située à Penja,dans la région du Littoral au Cameroun, des hommes et femmes s’attellent à la cueillette du poivre blanc de Penja. « Je suis là depuis 7 heures du matin, j’espère cueillir au moins 40 kilos ce jour », lance en souriant Alain KOUGOUM. Comme de nombreux cueilleurs, Alain gagne entre 50 et 100 F CFA par kilo de poivre cueilli.

« A la fin de la journée, je me retrouve avec au moins 2 000 F CFA. Même si monter et descendre de l’échelle est pénible et parfois dangereux car on peut tomber, rien que l’odeur du poivre me fait oublier la douleur, rigole le jeune homme âgé de 30 ans. Vous savez, c’est le meilleur poivre au mondeIl est vendu partout. »

A Penja, petite ville aux 40 000 habitants, le poivre blanc fait la « fierté » de la population. Pour obtenir  l’IG (titre de propriété intellectuelle), les producteurs de Penja cultivant cette épice depuis des décennies ont bénéficié du financement de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) et de l’Agence française de développement (AFD).

« Aujourd’hui, trois ans après, du point de vue statistique, nous sommes passés d’une dizaine de producteurs à 200. Le rendement a également augmenté. De 2 500 à 3 000 F CFA il y a des années, le prix du kilo se situait entre 12 000 et 14 000 F CFA lors de la campagne 2015 », se réjouit Emmanuel NZENOWO. Le secrétaire exécutif du groupement IG Poivre de Penja précise qu’environ 300 tonnes de poivre ont été produites en 2015 : 60 à 70 % de cette récolte ont été écoulés sur le marché local. Le reste a été exporté à l’étranger, plus particulièrement en Europe.

Pour obtenir du poivre blanc, on le récolte à maturité. Il faut que quelques grains sur la grappe commencent à prendre une couleur jaune orangée pour débuter la cueillette. 
Ils sont ensuite plongés dans l’eau pendant 6 à 9 jours. La « peau » extérieure, le péricarpe va alors se détacher de son noyau. Cette lente opération de macération va donner son goût si particulier au poivre de Penja.

Tout cela crée la magie du poivre blanc de Penja. Il est ensuite rincé, nettoyé, puis exposé au soleil pour un ultime séchage.

Le processus d’obtention de ce poivre tant convoité est pourtant long : après six mois en pépinière, les lianes de poivrier sont plantées au pied des tuteurs (des troncs d’arbres où vont s’enrouler ces lianes). Il faut alors patienter entre trois et cinq ans pour récolter. « Par la suite, le poivre récolté est trempé dans de l’eau pendant dix jours. Il est ensuite séché pour obtenir le poivre blanc de Penja », précise François NOUBISSI, producteur. Le poivre le plus vendu reste jusqu’ici le poivre blanc, mais des poivres noir, vert et rouge sont également produits à Penja.

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