L’Épopée de l’Émergence : Bertoua 1er ou le Nouveau Paradigme du Développement Local

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Le développement des territoires ne se construit pas dans le vacarme éphémère des réseaux sociaux ni dans les postures critiques de ceux qui préfèrent le doute à l’action. Il s’édifie avec patience, méthode et vision. À Bertoua 1er, cette vision est désormais une réalité tangible, inscrite dans la pierre et mesurable dans le quotidien de nos concitoyens. Notre municipalité, calquée sur les limites territoriales de l’arrondissement éponyme, affiche aujourd’hui le visage d’un territoire harmonieusement quadrillé, où la quête de soins de qualité ou d’infrastructures éducatives de pointe ne relève plus du parcours du combattant.

Face à l’exiguïté de l’espace urbain, la commune a su faire preuve d’audace architecturale en devenant pionnière dans l’expérimentation des constructions en hauteur ($R+1$), optimisant ainsi chaque mètre carré au profit du service public. Parallèlement, le déploiement massif de l’éclairage public par lampadaires solaires photovoltaïques a non seulement transformé la physionomie nocturne de la cité, mais a surtout permis de juguler l’insécurité urbaine, ce fléau qui accompagne trop souvent la croissance des grandes métropoles.

Du Redressement Institutionnel à l’Audace Architecturale

Cette mutation structurelle puise sa source dans la modernisation de notre cadre de travail. L’inauguration, le 24 avril 2019, de notre Hôtel de Ville — fruit de la sollicitude des pouvoirs publics et de l’accompagnement stratégique du Fonds Spécial d’Équipement et d’Intervention Intercommunale (FEICOM) — en demeure le symbole fondateur. Cette gouvernance rigoureuse se traduit également par la régularisation absolue du volet social : le personnel municipal bénéficie désormais d’un paiement régulier de ses émoluments à date fixe, ainsi que du reversement systématique des cotisations à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS). À l’instar des agents de l’État, les employés de Bertoua 1er disposent d’une sécurité financière qui garantit l’efficacité du service public.

Cependant, l’ambition d’une municipalité se heurte inévitablement à la réalité de ses ressources. Coincée dans le giron d’une Communauté Urbaine naissante qui se devait de s’affirmer, la Commune d’Arrondissement de Bertoua 1er a vu ses recettes propres entrer en inadéquation avec ses objectifs de performance. Face à la volatilité des centimes additionnels communaux — historiquement la première ressource des municipalités — et répondant aux directives gouvernementales incitant à un changement radical de paradigme économique, une réflexion profonde s’est imposée. C’est de cette maturation intellectuelle qu’est née l’idée de construire une infrastructure d’envergure : la nouvelle Salle Polyvalente.

L’Émanation d’un Génie Local : Le Complexe Polyvalent Joseph Charles Doumba


  • Érigé sur une réserve foncière jouxtant l’Hôtel de Ville — obtenue grâce à la générosité de la notabilité coutumière de Bonis, qu’il convient ici de saluer —, cet ouvrage monumental ne procède d’aucun mimétisme stérile. Il n’est ni un calque, ni une reproduction d’architectures importées, mais l’expression d’une imagination personnelle, consignée sur le papier puis matérialisée par l’expertise technique de l’architecte Léon Divorcé Bangoura.

Unique en son genre dans la région de l’Est et sur l’ensemble du territoire national, ce complexe répond à un besoin culturel et académique crucial à Bertoua, offrant un cadre digne pour les séminaires, congrès et manifestations artistiques. Sa pertinence est telle que la direction générale du FEICOM l’a présenté, lors de son cinquantenaire, comme un modèle d’innovation destiné à être dupliqué à l’échelle nationale.

Le Conseil Municipal, dans une démarche mémorielle unanime, a choisi de placer cet édifice sous le parrainage spirituel et politique du regretté patriarche Joseph Charles Doumba. Cet hommage solennel de la région de l’Est salue la mémoire d’un homme d’État d’exception, grand bâtisseur dont l’empreinte reste indélébile. Ministre de l’Information et de la Culture, il pesa de tout son poids pour doter Bertoua de sa station de radio de radiodiffusion ; Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, il permit à notre cité de s’affirmer comme le cœur judiciaire de la région. À travers cet édifice, son œuvre littéraire, politique et humaine continue d’inspirer les générations futures.

Vers la Commune de Production et l’Autonomie Durable

Loin d’être une simple coquetterie architecturale, cette salle polyvalente constitue un levier d’autonomie financière. Sa gestion rigoureuse, matérialisée par l’ouverture d’un compte bancaire dédié pour en suivre la productivité, générera des recettes propres indispensables pour répondre aux sollicitations croissantes des populations.

Bertoua 1er s’est résolument approprié le concept de « commune de production » prôné par le chef de l’État, S.E. Paul Biya. Notre complexe avicole municipal se déploie avec succès, renforcé par la construction en cours d’un nouveau bâtiment d’une capacité de 2 500 sujets dédiés à la production d’œufs frais. Sur le front de l’habitat, la première phase de la cité municipale, comprenant 20 logements, est en cours de finalisation grâce à un concours financier de 503 millions de francs CFA associant le Crédit Foncier du Cameroun et les mécanismes de l’emprunt municipal. Ce projet d’envergure s’étendra sur un lotissement communal de 23 hectares, récemment acté par décret du Premier Ministre, Chef du Gouvernement.

Les esprits chagrins tentent de minimiser les succès lorsque le débat leur échappe. Mais l’histoire retient les réalisations. Après le doute, vient le respect. Cette salle polyvalente, magnifique de jour comme de nuit, est le symbole d’une communauté qui refuse la dépendance pour embrasser son destin de développement durable.

Olivier Bembell, Maire de la Commune d’Arrondissement de Bertoua 1er .