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L’Intelligence de la Paix, ou le Pari de la Formation

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Le troisième pilier du manifeste de N’Djamena est sans doute le plus fondamental : la formation des bâtisseurs de paix. Le Cardinal Ambongo souligne ici une vérité pragmatique : la paix n’est pas qu’une intention pieuse ou une émotion passagère, c’est une discipline qui s’apprend, une compétence qui s’acquiert et une culture qui s’arrose.

Des séminaires aux laboratoires de médiation

L’ambition est de transformer les lieux de savoir — universités catholiques et séminaires — en centres d’excellence pour la résolution de conflits. Il ne s’agit plus seulement d’étudier la théologie dogmatique, mais d’armer les futurs responsables d’outils concrets :

La Doctrine Sociale de l’Église (DSE) : Elle devient la boussole pour analyser les structures économiques et politiques.

La transformation des conflits : Passer d’une gestion de crise à une modification profonde des causes de la violence.

La négociation et le dialogue interreligieux : Des compétences vitales dans une Afrique centrale plurielle.

Former le « Laïcat » pour la cité

La nouveauté réside dans l’insistance sur la formation des fidèles laïcs. L’Église souhaite projeter dans la sphère publique des hommes et des femmes politiques, des économistes et des juristes dont l’action est irriguée par l’Évangile. En investissant le champ de l’intelligence, l’ACERAC prépare une relève capable de proposer des alternatives viables aux modèles de gouvernance actuels.

Un investissement de long terme

Former des bâtisseurs de paix est un travail de patience, loin de l’immédiateté des discours politiques. C’est un pari sur l’avenir qui vise à déraciner la culture de la force pour lui substituer celle de l’argument et du droit. En faisant de l’éducation son levier principal, l’Église-Famille de Dieu entend cesser de panser les plaies après les conflits pour enfin empêcher qu’elles ne s’ouvrent.

GAËL TSALA NKOLO

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