Cameroun : la ville de Douala noyée

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Triste vendredi 21 août 2020 à Douala. Des pluies diluviennes engloutissent la capitale économique. Maisons, magasins et boutiques ont été submergés par les eaux. Une pluie désastreuse autant pour les bidonvilles, les quartiers marécageux, que pour les camps des personnes nanties encore appeler bobo. Pas de perte en vie humaine, mais de nombreux dégats matériels à déplorer.


Jeudi 20 août aux environs 3 heures du matin, une pluie clémente se déclenche et berce toute la ville. Tous les citoyens se plaisent à ces gouttes qui agrémentent leur grasse matinée.

À partir de 6 heures, les gouttelettes augmentent leur tonalité sur les toits des différents domiciles de la métropole. 7 heures, pas de changement, 8 heures pareil. La pression pluviométrique devient de plus en plus intense.

Les eaux font le plein des latrines, des fosses d’évacuation, des caniveaux supplantent les rues et finissent par rentrer dans les maisons.

Dans les bidonvilles, on s’y était préparé à force d’être victime d’inondation tous les ans. Les objets de valeurs avaient déjà été mis en lieu sûr depuis le mois de juillet. Seulement dur le réveil dans les eaux.

À Ndogpassi dans le 3e arrondissement, les populations ont perdu le sommeil dès les premières gouttes de pluies à 3 heures. Il fallait pouvoir contrôler les courants d’eau!

Ironie du sort, les plus à plaindre cette année ont été les habitants des quartiers résidentiels. Les artères de Bonamoussadi, Bonapriso, le centre-ville Akwa, Bonanjo et Deido, se sont transformés en piscines et marigots géants.

À l’eau, écrans plasma, matériels de luxe, électroménagers hors de prix, lits de luxe et objets de valeur. La roue a tourné pour ces zones pourtant épargnées les années antérieures en saison pluvieuse. Les riches ont cette fois payé le plus lourd tribut.

Malgré les fossés d’évacuation creusés quasiment dans plusieurs secteurs pour prévenir ce type de désagrément. À Bonanjo et au rond point Deido en l’occurrence, des véhicules ont été abandonnés engloutis par les eaux.  » Mon Dieu, quelle inondation!! « , s’exclamaient tous les Doualais en chœur.   » Ce que je vois souvent à la télé là, c’est ça que je suis en train de voir maintenant dans mon pays. Toutes les boutiques sont inondées. Le niveau des eaux est très haut. Les gens ont fui, ils ont abandonné leurs voitures, difficile de rester à l’intérieur. Si je savais que c’est comme ça, je ne sortais pas « , a regretté Pauline, employé dans une société au quartier administratif Bonanjo à Douala 1er. En chemin pour son bureau, elle s’est retrouvée bloquée dans sa voiture. « L’eau peut nous retrouver dans la voiture. Heureusement que notre véhicule est très haut », une crainte qu’a partagé plusieurs autres usagers déterminés à braver ce naufrage.

Désolation générale dans la ville. Les Autorités administratives se sont succédées sur les différents sites naufragés. Samuel Dieudonné IVAHA DIBOUA, gouverneur de la région du littoral, a ouvert le bal des descentes post inondation. Un sinistre finalement maîtrisé. Place aux décomptes des dégâts.

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