CAMEROUN/RENTREE SCOLAIRE : QUAND LA MODE DEVIENT LE MAITRE-MOT DES ELEVES

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La mode est devenue une drogue pour les jeunes élèves. Ces derniers ne veulent en aucun jour passer inaperçus, surtout en milieu scolaire.  En cette rentrée, la mode s’inscrit dans la tenue de classe qui n’est plus simple mais expose le corps des élèves, des chaussures de marque aux couleurs frappantes et des bijoux et sacs de classe de tout genre.  

Après 6 mois de vacances, les élèves continuent de causer des problèmes aux enseignants avec leur style vestimentaire. Chez les filles, si tu n’as pas une jupe raccourcie, près du corps, tu passeras à côté de la mode et tu seras vite mis dans les oubliettes par tes camarades. Chez les garçons, pantalon cintré jusqu’aux os encore appelé dans le jargon camerounais « pantalon slim ». On se rend compte qu’au fil des temps, la tenue, qui à l’origine, était destinée à uniformiser les élèves, est devenue fashion. La mode devient donc comme un règlement intérieur où chacun devrait s’aligner afin d’être « Une star » à sa façon. Et comme école et mode ne font pas bon ménage, les enseignants sont toujours présents pour rappeler à la discipline. « Tous les élèves qui ne s’arriment pas aux règles de l’école seront exclus pour une semaine avec corvée à l’appui. On vient à l’école pour acquérir des connaissances et non pour se faire voir » affirme Monsieur TCHAKO, Surveillant général du lycée de la Cité des Palmiers de Douala.

Pour certains, les mesures prises par l’établissement sont peines perdues. Rien ne change. Même si parfois, lors des surveillances à l’entrée de l’école, les vigiles ne voient rien à reprocher physiquement, il  faudrait fouiller les sacs pour se rendre compte de l’indiscipline de ces enfants : des vêtements de rechange, plusieurs paires de chaussures, mascara, tablette à make-up et autres).  «  Je dois toujours être fashion ceci pendant toute l’année. J’aime être différente des autres et pour moi, une fille ne sort pas sans se maquiller qu’importe où elle va. Même sur les bancs, on rencontre notre bonheur, notre époux », s’exprime avec aisance Flavie TONGA, élève en classe de Terminale A4 dans un collège à Douala.

Les sacs de classe, dans le grand univers des accessoires de mode, un domaine bien plus libéral. La mode n’est plus un sac d’écolier quand les sacs à main, les « fourre-tout » ont pris le dessus. On y trouve toutes les marques : Coco Channel, Security, Dior, Hermès, etc. Des chaussures de couleurs vives qui viennent également dicter leur loi : blanche, rouge, jaune-Or, vert citron. La couleur de cette année est le vert-citron pour les garçons et le rouge pour les filles.

 

Les bijoux sont aussi sollicités. Quelle que soit la matière : des plus classiques aux plus chics, tout y passe. Boucles d’oreilles extravagantes et aux couleurs prononcées, sans oublier les bagues et gourmettes.

Pourquoi la mode fait-elle autant d’obstination chez les jeunes ? Les raisons ne manquent pas. C’est pour rester toujours sous le feu des projecteurs des autres élèves et même des enseignants. « Quand je viens à l’école, dans mon vestimentaire, je dois apporter ma touche personnelle. Cela me permet de ne pas me confondre aux autres », est du même avis Yolande MESSINA, élève en classe de Première C. Il est néanmoins évident que, la plupart des établissements proscrivent ces habitudes vestimentaires, mais la détermination de certains les amène à violer les règles de discipline.

 Ce problème de déviance vestimentaire en milieu scolaire est à prendre en compte pour un bon résultat ou pourcentage en fin d’année. Un coup d’œil à tous ces chefs d’établissements qui aujourd’hui élisent des mesures draconiennes pour exiger une conformation vestimentaire un peu plus appropriée.

                                         Vanelle KENGNE

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