Mouvement d’humeur des réfugiés à Douala : le HCR rétablit la vérité.

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C’est à l’occasion du point de presse donné le jeudi 4 juin 2020 dans la salle de conférence du siège du HCR (Haut Commissariat pour les Réfugiés) à Yaoundé par Jean Bosco RUSHATI, senior operators coordinator, aux hommes de médias conviés pour la circonstance.

Tout a commencé par l’explication sur le fonctionnement du HCR et la situation des finances. « L’année comptable est calquée au calendrier civile, le budget 2020 a été arrêté en mars 2019. C’est ainsi que fonctionne le HCR. Nous avons 2 programmes annuels et étant donné que nous ne sommes pas une banque où l’argent  est gardé pour attendre les problèmes, nous procédons par priorisation en remplaçant certaines activités à venir, en utilisant leurs budgets pour parer au plus pressé (catastrophe survenue). Pour le cas du Coronavirus après sa survenue, nous avons de commun accord avec nos instances sous-régionales et même le siège de Genève, nous avons évalué à 23 millions de dollars US les besoins et à la date de fin Mai nous n’avions que 2.170.000  dollars US à notre disposition soit 9% en valeur relative des fonds attendus pour apporter une réponse à la pandémie, pourtant nous avons déjà engagé près de 5.850.000 dollars US dont un déficit de 70% par rapport au montant reçu.

Les fonds proviennent des donateurs bénévoles selon leurs possibilités. Il est important de rappeler que nous n’avons aucun moyen de faire pression aux donateurs car c’est un acte délibéré de leur part selon sa volonté et ses disponibilités. Pourtant le bureau sous régional Afrique Centrale et de l’Ouest basé à Dakar, nous a signalé plusieurs promesses mais qui restent à ce jour attendues. Cet argent a été prélevé sur les projets annuels non encore réalisés. A titre de rappel, nous avions engagé en Octobre 2019, le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains et en Décembre nous étions à près de 3.309 réfugiés rapatriés. En février nous avons repris deux vagues de 250 réfugiés avant le déclenchement du Covid 19. En effet, nous avons utilisés les fonds destinés au rapatriement pour apporter une assistance aux réfugiés en fonction du fichier sur l’état réel car les mesures de confinement ont eu un impact direct sur les activités informelles qui permettaient à un bon nombre des réfugiés urbains de survivre.

C’est suite à une enquête réalisée en fin Mars dernier que nous avons réalisé les difficultés auxquelles étaient confrontées les réfugiés. Il a été ainsi décidé d’apporter un appui aux familles pour trois mois à savoir 10.000 francs par famille et 15.000 francs pour celles des familles ayant des handicapés. C’est un geste social du HCR pour près de 11.000 ménages qui devraient en bénéficier afin de faire face à cette pandémie. Ce n’est point un salaire et ces jours-ci avec le retard nous paierons deux mois Mai et Juin.

Le problème est venu du fait que dans d’autres pays, cette indemnité peut être plus élevée car les réfugiés se communiquent entre eux. Le montant mobilisé pour cette opération est de 165 millions de francs CFA et disponible chez notre partenaire MTN avec qui nous travaillons sur le projet filets sociaux. Dès la semaine prochaine, nous procéderons au paiement des deux mois soit 20.000frs CFA ou 30.000frs CFA en fonction du statut. C’est nullement un détournement comme ont pu penser certains d’entre eux à l’origine de ce mouvement interdit par les autorités à Douala en fin de semaine dernière.

Pour résoudre le problème du Covid-19, en attendant une augmentation du budget qui ne viendra peut-être pas, nous avons converti en actions prioritaires le budget des mois à venir. Le problème étant médical, nous avons apporté notre appui matériel à 7 hôpitaux de district et 4 hôpitaux régionaux dans les régions de l’Est, de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-nord en étroite collaboration avec les responsables de santé de ces centres sous la vigilance des autorités administratives. Nous avons effectué deux achats nationaux et deux achats locaux. Nous avons sensibilisé les populations sur les mesures barrières, en installant les lavages des mains systématiques dans les lieux publics où nous distribuons de l’aide alimentaire et nous avons même utilisés les réseaux sociaux pour essayer de toucher le plus grand nombre possible. À Minawao nous avons simplement fait de nouveaux forages dans le camp mais dans les autres sites les populations locales partagent avec les réfugiés les  infrastructures que nous mettons en place. Actuellement, les masques sont entrain d’être fabriqués par des réfugiés après identification à l’Est et à l’Extrême-Nord pour eux-mêmes et pour nous le HCR qui les accompagne, mais aussi pour les ONG qui y travaillent. Nous avons construits en matériaux semi-durables les centres d’isolement, de même nous avons commandés des respirateurs sur le marché local et sur le marché international qui seront installés dans les différents hôpitaux.

Nous sommes encore en attente de certains médicaments et matériels pour une bonne riposte face au covid 19. Jusqu’en  Avril, on comptait 4 cas à Bertoua et au 30 Mai dernier nous étions déjà à 496 cas recensés dans les 3 régions: Est, Adamaoua et Nord. Notre coordonateur de santé est à l’Est depuis deux semaines pour apporter son assistance au corps médical.» Dixit Jean Bosco Rushatsi

Clément NOUMSI

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