CONTROVERSE AUTOUR DE LA MISE EN GARDE DU PRÉFET DES HAUTS-PLATEAUX CONTRE LE CHEF BAMENDJOU

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La malencontreuse sortie épistolaire du préfet des Hauts-Plateaux continue d’alimenter la controverse au sein de l’opinion.


FO’O SOKOUDJOU…LE DERNIER DES MOHICANS

J’essaie de réfléchir à haute voix. Je ne trouve pas de réponse. Je voudrais bien savoir où était le préfet des Hauts-Plateaux en février 2008 au plus fort de ce qu’on avait baptisé à l’époque  » les émeutes de la faim « . Où était-il, quand Fo’o Sokoudjou était appelé à la rescousse par le sous-préfet de Bamendjou de l’époque? N’eut-été l’intervention du monarque qui a pu contenir ces jeunes en furie, tous les services administratifs de l’arrondissement de Bamendjou devaient être en cendres. D’ailleurs, les quelques valeureux gendarmes (moins de 10) qui peuplent la brigade éponyme étaient déjà débordés, malgré leur bravoure et leur détermination à veiller sur l’ordre public.

Comme quoi l’autorité morale ou mieux la légitimité ne s’encombrent pas de nominations.

Revenons sur les menaces proférées à cette tête couronnée dont la seule personne constitue en soi un musée. Une source intarissable d’inspiration pour les chercheurs en anthropologie de tous bords qui fait la fierté du 237 outre atlantique, il mérite mieux que ça. Il reste l’une des rares autorités traditionnelles au Cameroun qui soit restée au dessus des batailles politiciennes. Imposant ainsi respect et amour aux yeux d’un peuple avec qui il est en harmonie depuis plus de 60 ans sans discontinuer. Quand il succédait à son père à l’âge de 14 ans, je ne suis pas sûr que certains parmi ceux qui braillent aujourd’hui étaient nés ou encore s’ils avaient pris conscience de leur existence.

Ni les multiples menaces de feu Gilbert André Tsoungui, à l’époque inspecteur fédéral de la région bamiléké, encore moins les multiples séjours dans les prisons politiques (Mantoum, Yoko…) n’avaient en rien entamé la détermination de cette icône à être au service de son peuple. Son sens élevé de la paix et du compromis l’avait même à un moment donné, confiné entre le marteau de l’administration coloniale et l’enclume des nationalistes, qui l’accusaient d’avoir trahi la rébellion. Les mémoires collectives et individuelles qui ont vécu cette période de l’histoire tumultueuse du Cameroun se rappellent encore cette terrible bagarre avec le  » maquisard  » Momo Paul, qu’il reprochait pour ses méthodes particulièrement violentes à l’endroit des populations. Natchema’ Fo’o Sokoudjou a de tout temps oeuvré pour la paix et la cohésion entre générations. Toute chose qui ne lui a pas valu que des amis.

Le préfet des Hauts-Plateaux, aiguillé certainement par quelques carriéristes aveuglés par leur ascension dans les différentes sphères de l’administration, devrait se ressaisir pendant qu’il est encore temps. Combien sont-ils aujourd’hui au Cameroun, comme Fo’o Tchendjou II (du nom de son grand-père), qui incarnent au plus haut point l’unité et l’intégration nationales, à travers des actes concrets posés au quotidien ?

Son expertise le met au centre des sollicitations d’horizons divers. Et il reçoit au quotidien dans son palais des camerounais de tous bords politiques. Les exemples sont légion, qui prouvent à suffire cette assertion.

Pendant que la jeunesse camerounaise ploie sous le poids de la misère ambiante, pendant que des cultivateurs de tomates se donnent la mort par suicide pour mettre un terme à leur souffrance, le préfet trouve quand même l’occasion de détourner notre… tension. En attaquant Sokoudjou de front sur un sujet banal, il veut montrer à l’opinion qu’il a des couilles solides. Pourtant les populations l’attendent plutôt sur le terrain du développement et de l’implémentation du  » vivre-ensemble « .

Est-ce cela la mise en application des résolutions de ce qu’on a appelé  » le grand dialogue national  » ? J’ai des doutes.

Il est plus que jamais temps de dissiper cet épais rideau de nuages qui entretient obstinément la confusion dans la mission du préfet.

QUE DIEU VEILLE SUR LE CAMEROUN.

Par Thomas Tankou

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